L’estrima Biro: une voiture de golf… pour la route

Attention ! Ceci n’est pas une voiture mais un quadricycle à moteur 100% électrique. La nuance a toute son importance. Et pas uniquement en matière de législation. Alors, le Biro ! Vraie solution urbaine ou gadget ? Essai sous la grisaille parisienne.

L'estrima Biro

L’Estrima Biro… fabriquée à partir d’une cabine de tracteur !

Premier coup d’oeil

Avec son look craquant qui évoque celui d’une voiture de golf customisée, et sa taille lilliputienne (1,74 m de long et 1,03 m de large), le Biro a des atouts pour séduire le citadin a mal d’originalité. A peine plus large qu’un scooter, il promet de se faufiler et surtout de se garer partout. La preuve. C’est sur le trottoir que la voiture m’attendait ce jour-là. Le temps de faire le (petit) tour de cet ovni routier, et me voilà installé au volant. L’habitacle est sans fioriture avec pour tout équipement des sièges en plastique, un compteur de vitesse flanqué d’un indicateur de charge, et un auto-radio qui mériterait de trouver un autre emplacement tant il nécessite de se contorsionner pour choisir sa station. Côté rangements, un espace assez logeable trouve sa place derrière les sièges (41,5 l), venant compléter les deux coffres extérieurs : un petit sous le capot – équivalent à une boîte à chaussures – et un plus grand de 41,8 l fermant à clé et situé entre les roues arrière qui abritent les deux moteurs électriques. Je tourne la clé de contact et active le commodo (marche avant/marche arrière) qui fait ici office de boîte de vitesses. C’est parti !

Contact
Dans un silence total, les 330 kg de la voiture s’élancent avec une certaine inertie pour plafonner à 45 km/h. Une vitesse bridée pour répondre aux exigences d’un véhicule… sans permis. Bonne surprise ! Une commande Boost (bouton actionnée manuellement à côté du volant) permet de bénéficier d’un surcroît de puissance au démarrage. Pratique dans les côtes, ou pour limiter les coups de klaxon des conducteurs trop pressés.

Un objet de curiosité

Au premier feu, les têtes se tournent, amusées. Certains lèvent le pouce, d’autres, séduits, n’hésitent pas à demander d’où provient cet étrange véhicule. Des discussions interrompues par la pluie. J’actionne les essuies glaces, met au passage la radio et active bientôt la ventilation pour me débarrasser de la buée qui envahit l’habitacle à vitesse grand V, faute d’une bonne circulation d’air. Car si, dans l’absolu, la Biro se vend sans porte, ici, elle est (heureusement) fournie avec deux portières en plexiglas… sans fenêtre. Certes, le toit vitré peut être entrebâillé mais je suis tenu de le fermer pour éviter la douche. Seule la lunette arrière entrebâillée restera entrouverte. Insuffisant.

Le Biro, plus petit qu'une Smart

Plus petite qu’une Smart

Idéal en ville

Mais cela n’empêche en rien de profiter de l’agrément indiscutable de cet engin qui se faufile partout. La surface vitrée procure une excellente vision périphérique et facilite le maniement. Sans compter le freinage efficace (4 freins à disques). Bref, un bonheur en milieu urbain ! Seul handicap, les rétroviseurs trop petits et mal positionnés qui font ici office d’éléments de décoration (amélioration prévue sur le prochain modèle).

Autonomie

Le constructeur promet 70 km en utilisation optimale. Lors de cet essai, nous avons parcouru environ 30 km avec essuie glace, ventilation et auto-radio allumés. A notre retour, la jauge était à peine à la moitié. La batterie plomb-gel de 48 V, rechargeable en 8h par simple prise terre, paraît donc suffisamment endurante pour des trajets urbains quotidiens.

Prix

A partir de 7649 euros, prime de 2000 euros de l’ADEME déduite… Pour un « scooter » à quatre roues, cela n’est pas forcément très compétitif. Il devient même excessif si l’on opte pour le modèle luxe (9990 euros). A l’approche de la commercialisation de la Renault Twizzy, certes plus encombrante, mais qui sur le papier promet un comportement et un niveau de finition supérieur pour moins cher, on est en droit de réfléchir avant de sauter le pas. Même si le Biro, lui, a le mérite de ne pas vous faire payer la location de la batterie !

Conclusion

Certes le Biro est loin des standards de confort et de comportement d’un véhicule classique, mais peu importe. Car sa vocation n’est pas de remplacer votre voiture. Il se montre en revanche particulièrement séduisant en second véhicule, ou une originale alternative à l’achat d’un deux roues.

Les + : Accessible sans permis, nombreux coloris de carrosserie, faible encombrement, maniabilité, autonomie
Les – : Voiture gadget, rétroviseurs « décoratifs », fenêtre fixe, habitable exigu à deux, confort rudimentaire

Echelle du kif: @@@@@

Fiche technique

Moteur électrique 48V

Vitesse max : 45 km/h

Autonomie optimale : 70 km

Temps de charge : 8h

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2 réflexions au sujet de « L’estrima Biro: une voiture de golf… pour la route »

  1. En effet, cet engin doit faire tourner des tête partout où elle passe. De plus, elle n’est pas polluante. Ce serait le genre de «petit véhicule» que j’utiliserai pour aller au travail.
    Merci!

    • Idéal en effet pour les courts trajets… L’offre « véhicule électrique » a toutefois évolué depuis avec de nouveaux modèles. Nous en parlerons bientôt sur ce blog. A très bientôt sur les gentlementesteurs !

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