Vacances pas chères : j’ai testé l’échange de maison

Coup de fil de mon pote Adrien: « Dis moi Romain, ça t’intéresserait un feed back sur l’échange de maison. J’ai essayé cet été et depuis que je suis rentré on me pose beaucoup de questions. Alors je me disais qu’un papier pour ton blog, ça aurait peut être un peu de succès ». Ca, je te dirai ça dans quelques jours mon ami… En attendant, merci de nous faire partager ton expérience.

Le salon de la maison de Paris

Produit à échanger: une maison aux portes de Paris

« Echanger sa maison ou son appartement avec de parfaits inconnus peut sembler, au premier abord, une idée complètement incongrue. Pourtant ce mode d’hébergement séduit un nombre croissant de vacanciers à travers le monde. A force d’en entendre parler, je me suis intéressé au sujet et ai testé pour la première fois un échange d’appartement avec un couple de New-Yorkais, durant l’été 2014.

Je me revois encore, ce 2 août, avec mon petit panneau « Brad and Susie » aux arrivées de Roissy CDG, pour accueillir mes nouveaux amis américains et me dire « est-ce que tu n’es pas en train de faire une énorme connerie ? » Laisser ta maison à des inconnus, il fallait être un peu fou ! Finalement, je me rassurais en disant que des milliers de gens avant moi avaient dû se poser la même question avant d’être séduit par la formule.

Je vous propose donc de vous faire revivre pas à pas toutes les étapes de mon expérience…

> Quel site internet choisir ?
A l’heure des réseaux sociaux, vous pouvez potentiellement trouver des amis à l’étranger prêts à échanger avec vous, mais la meilleure solution reste encore de s’inscrire sur un des nombreux sites internet spécialisés sur le sujet. Le plus ancien, homelink.fr, a été crée en 1953, comme quoi l’idée n’est pas nouvelle. Ces sites, nord-américains en majorité, affichent entre 15 000 et 50 000 annonces, pour un coût annuel d’inscription de 50 à 170€. Certains sites sont gratuits ou gérés par des bénévoles. Il existe même un site pour les échanges entre profs. Séduit par la qualité des annonces, j’ai finalement choisi LoveHomeswap.com (aussi un des plus chers). Mieux vaut consulter les annonces avant de s’engager, pour évaluer le nombre de possibilités dans la région de votre choix. Heureusement, la plupart des sites proposent un essai gratuit et la possibilité de se rétracter si vous ne trouvez pas dans les premières semaines.

Jardin avec piscine

Jardin avec piscine

> Rédiger une annonce séduisante
A première vue, il y a un grand nombre d’offres mais le plus délicat reste de trouver le bon correspondant durant la bonne période. Sur ce point, il est donc préférable de s’y prendre à l’avance (2 à 3 mois minimum) et d’être flexible sur les dates, voire la destination. Heureusement, la France garde son pouvoir d’attraction mais il sera plus simple d’échanger si vous êtes au cœur de Paris. 1er obstacle: notre maison est certes grande, confortable et dispose d’une petite piscine, mais notre petite ville de banlieue sud est parfaitement inconnue des étrangers qui tapent « Paris » dans leur recherche. Notre annonce est donc invisible à moins de payer un « premium » qui la fera apparaître en haut de page. Il s’agit donc d’être proactif auprès des futurs amis américains en déployant les arguments de l’espace, du confort et de la proximité du RER à défaut d’être dans la capitale.. C’est d’ailleurs le premier conseil de la hotline qui vous appelle pour être sûr que l’essai va se concrétiser : envoyer un grand nombre de messages simultanément (sans attendre une réponse pour se lancer sur une autre annonce) pour multiplier les pistes et maximiser les chances de trouver le bon contact, un peu comme sur AirBnB. Un vrai « beauty contest ». Après avoir essuyé quelques refus courtois, nous avons finalement trouvé un couple désireux de valider un échange ; pour eux aussi il s’agissait d’une première, avec son lot de découvertes et d’inquiétudes. Au cœur de Brooklyn, près de Prospect Park, un beau duplex à la décoration soignée avec un rooftop (toit terrasse) disposant d’une superbe vue sur la ville. Let’s agree ! Nous prenons les billets d’avion et nous les envoyons mutuellement en signe de confirmation.

> Croiser les doigts
Se pose alors la question délicate de la garantie et de l’assurance ? On peut certes souscrire adjoindre un système de caution / dépôt de garantie géré par le site (avec 10% de frais) mais ça ne couvrira pas le coût des billets. C’est là un des points spécifique du home exchange, entièrement basé sur la confiance mutuelle. Si votre partenaire vous plante au dernier moment, il ne reste plus qu’à essayer de trouver une autre maison ou une alternative. Idem pour les dégradations éventuelles dans la maison ou sur la voiture… Le site internet se charge de vous mettre en relation et vous donne certains conseils mais ne prendra pas à sa charge ce genre de risque. Mieux vaut passer un petit coup de fil à son assureur. Par exemple, dans le cas de la voiture, que nous avons laissé à disposition, nos amis américains seront couverts mais en cas d’accident responsable, nous aurons un malus à supporter. Fingers crossed.

> Préparer sa maison et les instructions qui vont avec
Il s’agit maintenant de préparer sa maison pour l’échange : la rendre facile à utiliser, ranger les affaires fragiles, retirer les choses de valeur, libérer de l’espace dans la penderie, un peu comme on le ferait pour une location, mais en moins contraignant. Il faut ensuite préparer un mode d’emploi pour les visiteurs : du lave-linge à la télé, en passant par les choses fragiles qui ne vont pas au lave-vaisselle etc.. A ce stade, mieux vaut fournir bon nombre de détails pour éviter les surprises. Malgré toute la bonne volonté des visiteurs, ils ne peuvent pas tout savoir, et chaque pays a parfois ses habitudes. De ce côté-là, j’ai fait quelques progrès de vocabulaire en anglais. Ça prend un peu de temps mais ce sera utile pour les fois suivantes. 

En complément de ces instructions, les conseils sur la vie locale seront très appréciés : les bons restaurants du quartier, la boulangerie préférée, le musée ou l’expo du moment etc.. seront autant d’informations utiles pour qui découvre le quartier et la ville pour la première fois. A New-York, cela nous a permis de découvrir des musées ou lieux que nous n’aurions jamais visités spontanément (ex. Brooklyn Museum, je vous le conseille)

Last but not least, il est fréquent et agréable de préparer un petit cadeau de bienvenue. Dans notre cas, nous avions ramené quelques spécialités de Bretagne : un kouign amann, de la bière locale et des palets bretons. 200% pur beurre..

Rooftop de l'appartement

Rooftop de l’appartement à Brooklyn.

> L’échange des clés et la découverte de l’appartement à New York
Vient le temps des derniers échanges d’emails pour caler les détails. L’idéal est d’avoir un ami ou voisin qui donnera la clé. Dans notre cas, les horaires de nos billets faisaient que nous avions 5 heures entre l’arrivée de nos amis américains et notre départ. En cas de retard, j’avais également envoyé un trousseau de clés par la poste. Je suis donc allé les accueillir à Roissy. Nous avons fait le tour de la maison avant les quitter pour prendre notre avion. Nous voilà sur le trottoir avec nos paquets comme des SDF; chez nous, sur le pas de la porte, Brad et Susie, la clé à la main, prennent congé de nous avec un grand sourire. La sensation est assez étrange. Nous aurions pu ne pas les rencontrer du tout si les horaires d’avion avaient été différents. A l’arrivée, la découverte du « condo » (appartement ou immeuble en copropriété) à Brooklyn fut une très belle surprise. Un quartier vivant, un bel appartement joliment meublé, une décoration très soignée et un toit terrasse offrant une très belle vue sur New-York. Awesome !

 > Sept bonnes raisons de profiter de son séjour

– Vivre comme un autochtone : dès le 1er jour, la visite obligatoire au supermarché du coin nous plonge dans le mode de vie local avec ses découvertes culinaires.
– Le confort et l’espace d’une maison : nous voilà installés dans 3 chambres (idéal avec 2 ados) tout confort. Certes nous n’avons pas les services disponibles dans un hôtel mais peu importe. Après 24 heures, nous avons pris nos marques et sommes comme chez nous, ou presque. Nous avons même invité un ami pour un barbecue dîner sur le rooftop, comme à la maison.
– Les équipements : habitué à déambuler à Paris en vélo le weekend, j’ai pu faire de même sur les nombreuses pistes cyclables new-yorkaises avec le ‘bike’ laissé à ma disposition. Un vrai plaisir.
– La durée du séjour : le coût du logement étant nul, cela permet de rester plus longtemps et d’en profiter sans stress. Dans notre cas, rester 15 jours dans Big Apple nous a permis de découvrir d’autres lieux (ex. Coney Island, la plage et les attractions, directement accessible par métro) et de prendre le temps de lézarder, de déambuler dans les différents quartiers. Sur les sites internet, certains proposent des échanges de plusieurs mois. Mieux vaut alors s’assurer que la future maison est agréable..
– Le coût : pas besoin d’un tableau comparatif détaillé, l’absence de coût de logement est LE principal avantage de la formule. Dans notre cas, pour un couple et deux adolescents, se loger à l’hôtel nous aurait coûté de 2000 à 4000 € pour 1 semaine, ou 1000 à 2500€ en passant par AirBnB, avec un confort moindre selon les options. Nous aurions limité le séjour à 1 semaine au lieu de 2. En complément, pouvoir dîner à la maison nous a permis d’économiser sur les frais de restaurant. Au final, ces économies nous ont permis de dépenser plus en shopping (incontournable) et de nous offrir quelques bonus comme un tour en hélicoptère au dessus de Manhattan. (149$ par personne pour un souvenir mémorable).
– La convivialité : l’échange d’appartement ou de maison donne lieu à un échange culturel. On plonge dans la bibliothèque ou dvdthèque de nos nouveaux amis, on poursuit les échanges de conseils durant le séjour et la relation peut se prolonger en une amitié durable. La formule fait que l’on échange souvent avec des couples ou des familles au ‘format’ similaire. Des amis me racontaient qu’ils avaient renouvelé les échanges dans les mêmes villes, avec les mêmes personnes qui étaient devenues des amis.
– le gardiennage: Garder la maison occupée pendant les vacances limite les risques de cambriolage et autorise également de laisser ses plantes ou animaux domestiques aux hôtes. Durant ces vacances, nous avons ainsi accepté de nous occuper du chat de nos amis de Brooklyn, ce que les enfants étaient ravis de faire.

> Dernier stress, le retour à la maison
Dans quel état allons-nous retrouver la maison ? Hormis quelques plats rangés au mauvais endroit, tout était en parfait état. Nos hôtes avaient pris soin de notre habitation comme de la leur (et réciproquement). Ils ont apprécié la maison et le calme du quartier mais ils n’ont pas eu de chance avec temps en cette première quinzaine d’août, la plus pluvieuse depuis 1950…

Bilan de l’expérience
Très positif. Malgré l’appréhension liée à ce premier échange, nous avons passé de très belles vacances et pris tout le temps offert pour découvrir New-York et Brooklyn, dans un mode de vie local. Nous avons eu la chance de trouver ces correspondants et ce beau duplex, car nous avions peu d’alternatives. La prochaine fois, nous nous y prendrons plus tôt et n’hésiterons pas à multiplier les contacts pour trouver un nouveau lieu de rêve. Malgré cela, l’échange requiert des règles de ‘déontologie’ et personne n’est à l’abri de tomber sur individus indélicats. Pour limiter les risques, mieux vaut bien préparer sa maison, fournir des instructions détaillées, et si possible, consulter les appréciations des précédents séjours de vos futurs hôtes. Et il faut également rester flexible sur les dates pour trouver le bon échange. Mais cela en vaut la chandelle. Séduits par cette première expérience, nous recommencerons probablement pour les prochaines vacances. Chez vous peut-être ?

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